La Cité ?

Le terme « cité des esclaves » est hérité de la philosophie de Spinoza.

Il désigne ici un collectif d’auteurs partageant une ligne commune de création. Cette ligne de création ne dessine pas les contours rigide d’un cachot, comme pourraient le faire un dogme, une doctrine ou un manifeste. Non, cette ligne est une frontière invisible au delà de laquelle se déploie l’espace interieur, infini et indéfini du moi.

Nul besoin de géographe ou de guide pour se rendre dans la Cité, nous y vivons déjà tous.

Pour Spinoza, l’homme est esclave de ses passions. Ces passions exercent un pouvoir de déformation qui modèle notre perception. Sans conscience de cette transfiguration, nous devenons les artisans de notre propre prison.

Il n’y a aucune porte pour sortir de cette Cité ; nous y passerons toute notre vie. Cependant, prendre conscience de nous-mêmes et du jeu des perceptions, c’est pouvoir vivre plus librement.

Le collectif de la Cité des Esclaves n’a aucune envie de créer des oeuvres élitistes ou seules les personnes autorisées trouveraient leurs marques. Notre objectif est plutôt de créer pour tous, en utilisant des media populaires et accessibles par tous. A la maniere de Spinoza qui a taillé des verres optiques toute sa vie pour gagner sa pitance, nous aimerions tailler des oeuvres qui pourraient aider a mieux percevoir. Nous succomberons peut-être à l’envie de créer pour créer ou juste à créer pour le plaisir, mais nous espérons que nous trouverons l’énergie suffisante pour nous tirer de cette terrible aimantation.